Je ne dors presque plus. Je comate à moitié quand je mange. Je bois un litre de café par jour. Je suis prise de fous rire dans les supermarchés. Et je fais languir mon cerveau dans les lieux les plus délabrés que je trouve.
Je suis pourtant très productive. Traîner ma carcasse dans l'obscurité ne m'empêche pas de travailler. C'est la première fois de ma fois que je m'épuise par plaisir. Je m'use. Et c'est d'une violence... jubilatoire.
Un moucheron vient de mourir sous la touche espace de mon clavier. Je suis ravie.
Je viens de finir mon dernier café. J'ai des cernes abominables. J'ai l'impression d'être face à un fantôme quand je me regarde dans la glace. Et j'aime ce reflet fatigué de moi. Je vais pousser encore. Peut-être que si je me fatigue assez j'arriverai enfin à pleurer. De nerfs. Pleurer. ça me manque terriblement. J'ai l'impression de ne plus rien éprouver. Je me fous de tout ce qui devrait m'atteindre. La seule chose qui compte maintenant c'est d'aller toucher le fond. Mon bonheur n'est pas dans la lumière ni dans la simplicité. Il est en bas. Il flotte dans les égoûts de mes délires les plus morbides. Plus je dégouline, plus je sens que je me rapproche de cette ataraxie malsaine. Je ne m'arrêterai pas à temps cette fois.
Haha, c'est beau, j'ai l'impression d'être allée chez un psychiatre.



